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Après trois disques pop et deux de jazz, la petite lolita suédoise passe à la bossa nova. Pourquoi pas? Chanteuse douée d'un instinct exceptionnel, Lisa semble pouvoir évoluer dans tous les univers musicaux avec la même grâce faite de naturel, de simplicité et d'émotion retenue. Comme une Billie Holiday heureuse et insouciante... Son nouvel album <Lisa Ekdahl sings Salvadore Poe> (BMG) chante son amour tout neuf pour un jeune et brillant compositeur new-yorkais à travers 14 chanson originales. Le tout sur fond d'arrangements luxueux pour grand orchestre...
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Vous avez changé plusieurs fois de style de musique... Lisa Ekdahl : Je ne pense pas avoir complètement changé de direction à chaque fois. Il y a toujours une certaine continuité. Par exemple, je pense que nous avons déjà dans un coin de la tête ce que sera l'album suivant. C'est une suite logique.... Vous avez dit que le jazz était la musique que vous avez toujours voulu jouer. Vous sentez-vous frustrée de ne pas y être venue plus tôt? L.E. : Non, car en tant que chanteuse, je n'avais jamais ressenti tout ce que pourrait m'apporter cette musique. C'est toujours très excitant d'aborder quelque chose de nouveau. On ressent bien sûr la même chose lorsqu'on enregistre des standards. Il y a toujours un processus créatif. Tout est toujours neuf puisque chaque moment est unique. Parlez-nous des différences entre la pop music avec laquelle vous avez connu un énorme succès à vos débuts et le monde du jazz que vous explorez maintenant? L.E. : Je n'ai jamais voulu faire de la pop music pour faire de la pop music... J'ai plutôt fait une pop acoustique qui correspond à ce qu'écoutent le plus les scandinaves. Mais la chose la plus importante est de faire la musique que tu aimes et le nom qu'on lui donne importe peu. En fait, je ne trouve pas vraiment qu'il y ait des différences. Parfois, tu dois choisir une direction selon les circonstances. Ce sont les circonstances qui font ta vie. Par exemple notre rencontre avec Salvadore a fait que nous travaillons ensemble. Tu ne peux pas toujours dire <voici ce que je veux faire>, mais quelque chose te guide vers ce que tu es et il y a un mystère qui fait que tout arrive comme cela doit se passer. Il faut rester ouvert à ce que nous offre la vie, à tout ce qui peut nous intéresser. Quel est votre rapport avec le public parisien? L.E. : J'aime vraiment être ici. Je m'y sens toujours bien. Le jazz y a véritablement sa place car il y a un public de connaisseurs, de vrais amateurs, même si celui-ci n'est pas forcément très nombreux. Paris semble apprécier beaucoup les artistes. Beaucoup de chose se passent ici et le jazz est l'une d'elles. Ce qui nous importe ce n'est pas de vendre un grand nombre de disques mais d'être intégré dans cet environnement culturel. Allez-vous jouer à l'Olympia avec la grande formation que l'on entend sur ce nouvel album? L.E. : Non, avec un groupe différent. Pour le disque, il y avait en tout 25 musiciens dont dix-huit cordes. La formation est réduite sur scène pour des raisons pratiques mais nous aimerions beaucoup nous retrouver avec tous les musiciens. Le souci, c'est qu'il faudrait alors tous les payer... (rires). Pour le moment, on se contente de six musiciens. Et cette formule reflète bien notre musique. L'avantage d'une petite formation, c'est qu'on peut laisser une grande place à l'improvisation. D'une certaine manière, je trouve que cela a plus de charme, que les musiciens sont plus détendus... Comment travaillez-vous votre voix? L.E. : Je prends parfois des cours, non pas forcément pour apprendre quelque chose de nouveau mais pour entretenir ma voix comme le ferait un sportif. La qualité de ma voix est naturelle mais je continue de la travailler pour avoir un plus grand ambitus et ainsi accéder à un plus grand répertoire. Chanter, je ne fais que ça depuis l'âge de 18 ans, c'est pourquoi je sais même placer ma voix en cas de rhume. Il arrive que je sois malade au point de ne plus pouvoir parler mais j'arrive toujours à chanter. C'est devenu quelque chose de très naturel. |